Les vacances pour le jeune enfants : leur importance, nos conseils

C’est l’été ! L’heure est venue, pour beaucoup d’entre-nous, de prendre enfin des vacances et même, pour les enfants, de profiter des « grandes vacances ». Oui mais comment les vivre pleinement ? A en croire les résultats du moteur de recherche Google, de nombreux parents se posent cette question : « comment occuper les enfants l’été ? ». Après tout, on est en vacances, on a bien mérité un peu de repos… C’est tout à fait vrai, mais comment trouver l’équilibre pour que chacun y trouve son compte, les plus jeunes compris ? Et si nous changions de regard sur les vacances des tout-petits, pour en faire vraiment un moment de bonheur et un facteur d’épanouissement pour nous comme pour eux ?

Les « vacances » n’ont pas le même sens pour un enfant

Il y a une grande différence entre l’expérience vécue, d’un côté par les adultes en activité et les jeunes scolarisés, de l’autre côté par les tout-petits.

Pour les premiers, les vacances sont des « congés » qui rompent avec l’essentiel de l’année consacrée à la vie professionnelle, scolaire ou étudiante.  Selon le dictionnaire Le Robert, c’est donc une période de « repos » pour l’esprit et le corps, de « cessation de travail et des occupations ordinaires ». Bien sûr, chacun a sa conception des vacances, plus ou moins actives, mais de manière générale, c’est d’abord le moment du « non-travail ». On pense aux siestes et aux grasses matinées, à la quasi-absence d’obligations, à la liberté de choix de faire ou de ne pas faire. 

Mais pour les tout-petits, c’est une autre histoire ! Pas de « pause » ! Puisqu’il n’y a plus de nounou, de crèche ou d’école maternelle, ils aiment profiter de la présence de leurs parents. Et comme leur curiosité et leur capacité d’enthousiasme sont immenses, pas question de se reposer : ils ont au contraire envie de jouer, sont excités par la nouveauté et leur énergie ne semble – presque – jamais faiblir.

Donc, si les vacances sont indispensables aux adultes pour recharger les batteries, les enfants eux peuvent être de vraies piles électriques qui sollicitent beaucoup leurs parents… parce qu’ils ont besoin d’eux.

Pendant les vacances, les apprentissages continuent

Le jeune enfant ne fait pas encore de différence entre des temps où il apprend (le travail scolaire avec ses obligations), et des temps où il se détend (le loisir). Il fait les deux : il apprend en jouant.

Le jeu est le travail de l’enfant, le plaisir est le moteur de son jeu, le déplaisir en est le frein, l’enfant ne joue pas pour apprendre, mais il apprend parce qu’il joue.
Jean EPSTEIN, psychosociologue et spécialiste de la petite enfance

Le jeu, c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, sa vie. 
Pauline KERGOMARD, fondatrice et inspectrice générale des écoles maternelles

Par le jeu, l’enfant découvre et apprend. A travers ses sens, il développe sa créativité, joue avec les possibilités, expérimente, imagine des solutions aux problématiques qu’il rencontre. Il se découvre aussi dans sa sensibilité, ses goûts, ses choix, ce qui participe à la construction de sa personnalité. 

Pendant les vacances, période particulièrement propice au jeu, l’enfant ne cesse donc pas d’apprendre et de grandir, au contraire ! 

Nouveaux jeux, nouvelles expériences, nouveaux apprentissages :

Pour accompagner son enfant dans ses apprentissages, il est important de lui permettre de vivre une diversité d’expériences sensorielles tout au long de l’année.

Les vacances ne sont donc pas d’abord le moment de « rattraper » d’éventuels retards mais plutôt l’occasion de vivre des moments impossibles ou plus difficiles à vivre le reste de l’année. La complémentarité est importante : chaque période de l’année, chaque saison, a son intérêt.

Il ne s’agit pas seulement d’ « être » en vacances mais de « partir » en vacances. C’est en effet l’occasion de « voir autre chose », de s’aérer, de changer d’environnement, de rencontrer d’autres adultes et d’autres enfants, de varier les jeux, et donc d’apprendre plus et différemment…mais toujours avec plaisir !

En partant en vacances, l’enfant apprend à gérer la mobilité, et à s’adapter au dépaysement et donc aux situations nouvelles.

Ne pas partir en vacances est d’ailleurs reconnu comme la « privation d’un élément de confort courant » qui renforce les inégalités des chances . C’est bien pour cette raison qu’à la sortie du premier confinement, à l’été 2020, alors qu’un enfant sur quatre n’allait pas partir en vacances, l’État avait mis en place le dispositif des « vacances apprenantes », reconduit depuis. Certes, la situation s’améliore : si 10,6% des moins de 16 ans ne sont pas partis en vacances au moins une semaine par an en 2021, ils étaient 17,4% en 2009. Mais pour les quatre millions d’enfants qui restent chez eux, cette privation est souvent synonyme d’exclusion sociale et, pour les plus jeunes, de retard dans les apprentissages. 

Priorité aux interactions avec les proches :

L’été, le tout-petit va enfin bénéficier de l’attention de ses parents, de ses autres proches (les grands-parents notamment) voire de nouvelles connaissances (vos amis, des cousins). Or c’est dans les regards, les sourires et les mots échangés avec eux qu’il va puiser le bien-être, la sécurité affective et la confiance qui lui permettront de grandir sereinement. 

Profitons de ces journées où nous avons moins de choses à penser (le travail, les courses, les tâches ménagères) pour nos consacrer vraiment à nos enfants et interagir avec eux.

C’est important pour eux, comme pour nous. S’il est tout à fait compréhensible et humain de vouloir profiter de « ses » vacances, gardons en tête que celles-ci sont aussi l’occasion de profiter… de ses enfants ! Les regarder grandir, les voir s’émerveiller, rire aux éclats, se régaler… c’est une magnifique expérience pour des parents et c’est aussi une période qui passe vite !

C’est pourquoi il convient de continuer à faire attention aux écrans. En vacances, la tentation peut être grande de laisser (un peu plus) son enfant devant la télévision, un smartphone ou une tablette. Mais les écrans coupent l’enfant du monde, des relations sociales, et proposent des images qui l’hypnotisent et l’enferment dans un rôle passif. Il peut même y avoir des risques de dépendance et donc d’énervement (« encore quelques minutes ! »). Les écrans ne remplaceront jamais ni l’interaction parents-enfants, ni les jeux et activités en extérieur !

Les vacances, c’est l’occasion d’être vraiment et pleinement ensemble.

Une période de découvertes sensorielles :

Juillet et août riment avec soleil et grand air. Tous les sens du jeune enfant sont en éveil !

– La vue bien sûr, avec la mer, la montagne ou les forêts qui offrent de nouveaux paysages.

– Le toucher, avec le sable et les coquillages de la plage, ou la terre et les pierres de la campagne et de la montagne.

– L’odorat et le goût, avec les saveurs estivales, et en particulier les fruits et légumes de saison, mais aussi les odeurs de l’environnement.

– L’ouïe, avec ses sons (vagues, oiseaux et autres animaux) et ses musiques (notre playlist d’été : un orchestre dans un parc) propres aux vacances. Ou tout simplement le silence d’un lieu apaisé. Prêtez l’oreille !

Quels jeux pour l’été ?

Rappelez-vous : l’enfant s’amuse bien souvent de ce qui peut sembler un « rien » à nos yeux.

Alors appuyez-vous sur ce que l’été met à votre disposition, comme par exemple :

De l’eau :

– Laissez votre enfant patauger ou, dans une piscine plus grande, baignez-vous avec votre enfant dans les bras, permettez-lui d’apprendre à appréhender cet environnement sans en avoir peur.

– Installez une bassine d’eau avec des cuillères, des petits récipients, des objets qui flottent : votre enfant s’amusera à remplir, à verser, à transvaser, à pêcher… et à éclabousser. 

– Idée : l’ « activité glaçon » ! Dans des bacs à glaçons, mettez un personnage, remplissez d’eau et mettez le tout au congélateur. L’enfant devra alors s’amuser à délivrer les petits personnages emprisonnés dans les glaçons.

– Et si le cœur vous en dit, lancez-vous dans une petite bataille d’eau !

Du sable, des cailloux ou de la terre :

– Montrez-lui, aidez-le ou laissez-le empiler, creuser, créer des formes.

– Tant qu’il n’y a pas de danger, laissez-le toucher, le temps du lavage des mains viendra ensuite !

Du soleil…ou pas !

– Montrez-lui les ombres sur le mur ou sur le sol, ainsi que vos silhouettes.

– Assistez à un premier coucher de soleil.

– Et si le temps est couvert et que la luminosité n’est pas trop forte… observez les nuages !

Des aliments :

– Proposez-lui de goûter aux fruits et légumes de saison. Nouvelles saveurs, nouvelles odeurs, nouvelles couleurs.

– Organisez un pique-nique.

– Trouvez un lieu qui vous accueille pour une cueillette ou jardinez : faites-lui découvrir les différents fruits et légumes et la façon dont ils poussent.

Des animaux :

– Visitez une ferme. 

– Rendez-vous dans un zoo responsable (doté d’installations qui assurent le bien-être des animaux et engagé envers la conservation et la protection des espèces en danger).

Et même le temps des trajets :

Sur la route des vacances, les trajets peuvent sembler parfois un peu longs, pour nous comme pour nos enfants !

– Chantez, écoutez ensemble de nouvelles musiques, regardez les paysages.

– Équipez votre voiture d’un pare-soleil d’éveil. 

– Prévoyez un mobile musical pour bercer bébé.

– Préparez un sac avec des jouets facilement transportables et adaptés au mode de transport. 

Bien sûr, les activités artistiques sont toujours très appréciées : dessin et coloriage, peinture, pâte à modeler, ateliers créatifs avec des coquillages…

Vous ne partez pas ?

C’est peut-être l’occasion de découvrir votre ville ou village comme s’il s’agissait d’une destination inconnue ? Par ailleurs, de nombreuses municipalités organisent des événements dans cette période : concerts, animations, activités enfants… renseignez-vous sur le site Internet de la commune.

Attention au soleil et à la chaleur :

Le soleil est indispensable à la croissance des enfants mais il peut aussi être dangereux, en particulier en plein été.

– Evitez de vous exposer lorsque le soleil frappe le plus fort (11h-16).

– Protégez votre enfant avec une crème solaire efficace (> 25), des lunettes de soleil adaptées (catégorie 3 ou supérieure), un maillot en coton et un chapeau à large bords.

– Donnez régulièrement à boire de l’eau à votre enfant pour l’hydrater.

– Ne recouvrez pas la poussette d’un tissu au risque de créer un « effet fournaise ».

– Prévoyez un brumisateur (par exemple pour un voyage en train ou voiture sans climatisation) et inversement, pour les plus petits surtout, un pull et des chaussettes en cas de climatisation (notamment dans le train ou l’avion).

Gardez le rythme :

Si notre rythme est décalé en été, il est important de respecter les besoins fondamentaux du jeune enfant.

Préservez donc autant que possible la routine quotidienne (bain, sieste, habitudes des repas, rituel du soir) et l’heure du coucher.

L’excitation et le dépaysement des vacances peuvent fatiguer les tout-petits : n’hésitez pas à pratiquer de petits exercices de respiration et de relaxation avec eux.

Si malgré tout le rythme de l’enfant a été quelque peu bousculé, rien de grave ! A l’approche de la rentrée, vous pourrez reprendre les bonne habitudes quelques jours avant la reprise, en avançant progressivement l’heure du coucher.